Bouger pour Guérir : Les bienfaits de l’Activité Physique pour la gestion des commotions cérébrales.
- Christian Soto-Catalan

- 23 mai 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 juil. 2024
La gestion des commotions cérébrales est un sujet souvent entouré de confusion et de mythes, notamment en ce qui concerne le rôle de l’activité physique. Dans cet article, nous allons explorer comment bouger adéquatement peut aider à atténuer les symptômes, favoriser une réadaptation plus rapide et répondre à la question cruciale : faut-il attendre que les symptômes disparaissent avant de reprendre l’activité physique ? Découvrez les stratégies basées sur les dernières recherches pour une réactivation physique judicieuse et sécuritaire.

La Commotions Cérébrales et le Rôle de l’Activité Physique
Tout d’abord, la commotion cérébrale se définit comme une blessure neurologique non visible. Due à des forces directes et/ou indirectes sur la tête, le cerveau bouge dans la boîte crânienne, ce qui peut causer des micro-lésions. Les symptômes ressentis post-commotion sont le résultat des dommages structurels occasionnés et conséquente d’une dysfonction du système nerveux autonome.
Faut-il encore s’immobiliser après une commotion cérébrale ? Rester dans sa chambre et attendre que les symptômes se dissipent est-il le meilleur moyen de récupérer d’une commotion cérébrale ? Les études des sept dernières années sur la réadaptation post-commotionnelle sont favorables à la reprise progressive de l’activité physique sous le seuil de symptômes. L’activité physique, adaptée au seuil de tolérance, apporte plusieurs bienfaits au système nerveux et, par conséquent, aide à la récupération de la blessure.
Les Bienfaits de l’Activité Physique sur la Réadaptation Post-Commotionnelle
L’activité physique, lorsqu’elle est réalisée sous contrôle, peut jouer un rôle crucial dans la réadaptation post-commotionnelle. Plusieurs études soulignent l’importance de l’activité physique, en particulier l’activité aérobie légère, qui améliore l’état symptomatique, accélère le retour au sport et rétablit les fonctions autonomiques.
Un groupe de chercheurs de l’Université de Buffalo a utilisé un test nommé Buffalo Concussion Treadmill Test (BCTT). Ce test de marche sur tapis roulant a pour but d’évaluer le seuil de tolérance à l’effort après une commotion cérébrale. Les chercheurs ont étudié 141 adolescents et jeunes adultes âgés de 11 à 19 ans et ont prescrit l’activité physique basée sur les résultats du BCTT. 97 % des cas ont récupéré de la commotion cérébrale grâce à cette méthode, et 94 % sont retournés au sport. Ce même groupe de chercheurs a comparé l’effet de l’activité physique à un programme d’étirement (placebo) prescrit post-commotion. Après six semaines, le groupe avec activité physique a montré une amélioration remarquable des symptômes, tandis que le groupe placebo présentait encore des symptômes après 12 semaines de suivi.
Conseils Pratiques pour une Réactivation Physique Sécurisée et Optimale
Après 1 à 2 jours de repos post-commotion, il est recommandé de reprendre une activité physique adaptée dans les 2 à 10 jours suivant la blessure. Un suivi avec un professionnel de la santé (kinésiologue, physiothérapeute, thérapeute sportif, professionnel de la santé spécialisé en commotions cérébrales) est fortement suggéré pour passer le BCTT et ainsi connaître les paramètres sécuritaires pour le retour à l’activité physique.
S’il n’est pas possible de faire ce test avec un professionnel, il est conseillé de reprendre des activités à basse intensité telles que la marche ou le vélo stationnaire. Afin de ne pas « trop » en faire, il est recommandé de limiter la durée des activités à 15-20 minutes, et d’augmenter cette durée de 5 minutes tous les deux jours, à condition qu’il n’y ait pas d’augmentation des symptômes 24 heures après l’activité. Il est préférable de choisir une activité avec moins de stimuli pour éviter de surcharger le système nerveux et pour mieux suivre le progrès des symptômes.
Finalement, pour assurer une bonne adaptation du système nerveux aux stimuli des exercices, il est important de maintenir un cycle de sommeil régulier. Dormir moins de 7 heures ou plus de 10 heures peut affecter négativement le rétablissement d’une commotion cérébrale.
Conclusion
Pour conclure, l’activité physique, lorsqu’elle est bien encadrée, peut être un élément clé dans la gestion des commotions cérébrales. L’approche personnalisée permet de favoriser une récupération rapide et efficace, en soulignant l’importance de bouger adéquatement plutôt que de rester totalement inactif.
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